Voici une première rubrique. D’autres viendront.
Et voilà ! Comme prévu, M. Pascal Sevran restera sur France 2 (voir « Le racisme est à la mode cet hiver »). Pour preuve, cet extrait d’une lettre du directeur général, Philippe Baudillon : « Des mots très graves ont été prononcés. Ils sont contraires à l'esprit du service public. [...] Dans la mesure où ces propos n'ont pas été tenus à l'antenne, il n'est pas de notre responsabilité de diffuseur de les sanctionner directement. La justice ayant été saisie, elle y donnera les suites appropriées. [...] Je vous invite solennellement pour l'avenir à vous abstenir de toute prise de position contraire à l'éthique du service public, faute de quoi nous nous verrions dans l'obligation de remettre en cause le principe de votre collaboration sur France 2 ».
Le rappel à l’ordre de France 2 ne vous a sûrement pas échappé. Mais à quoi bon tenir de belles paroles sans les respecter, si ce n’est pour défendre une moralité fictive et, vous l’aurez compris, gagner le pardon des téléspectateurs ? France 2, chaîne du service public, se doit de virer Pascal Sevran (ça me fait mal au doigt rien que de l’écrire) ! Mais enfin, quel est ce pays où l’on peut balancer à tout va sur des « sous-hommes », ces « Noirs », ces « Arabes » ou ces « juifs » ? J’ai parfois, voire souvent, honte. Que fait ce pays schizophrène, qui vote des lois condamnant jusqu’à un an de prison toute personne qui nie le génocide arménien (voir article France, Turquie, Arménie : quand la politique saisit l'Histoire) et qui, paradoxalement, ne fait rien contre la dérive raciste qui touche le pays ?
La France est-elle devenue indifférente ? Finalement, peut-être l’a-t-elle toujours été. Elle est sourde au racisme, aux revendications quelles qu’elles soient. Elle fait passer des lois en force (le gouvernement Villepin a d’ailleurs cette fâcheuse tendance à passer outre le débat), elle ridiculise en les folklorisant ses cultures régionales. Elle sépare et renvoie des familles immigrées (ces « illégaux »), sans même se soucier de leur avenir et des conséquences que cela peut avoir pour un enfant d’aller dans un pays qu’il n’a jamais connu, ou de vivre en France séparé de sa mère ou son père, indésirables sur le territoire français.
Une France qui prône et revendique une pseudo-nouvelle gouvernance, aujourd’hui et depuis toujours entachée par la persistance en son sein d’un étatisme à la française, d’une monarchie dissimulée. Une monarchie qui entretient cette noblesse d’Etat dont parlait Bourdieu, qui défavorise structurellement (économiquement, socialement, culturellement) les plus démunis. Une France finalement incapable d’intégrer sous prétexte de son unité et indivisibilité. Marre ! Espérons que les élections de 2007 apporteront une alternative crédible (je ne vous dirai pas laquelle, à vous de deviner !!!), ce dont je doute.
Vitachou
Si son projet d’union politique, tout aussi honorable qu’il soit, semble difficilement réalisable, le Président de l’UDF et député des Pyrénées-Atlantiques a au moins le mérite d’attaquer de front les vices et perversions de notre « démocratie ». Un discours critique que la gauche semble avoir perdu de vue dans le tourbillon électoral. Sans doute est-il trop couteux de s’en prendre au système lorsque l’on est candidat aux élections. Là est le tour de force de François Bayrou. Alors que l’on ressent une certaine frilosité à parler du renouvellement des institutions, si ce n’est à travers des formules paradoxales et vides de sens telle que « la rupture tranquille » de Nicolas Sarkozy, lui prône au contraire ouvertement la nécessité de purger la machine.
Le policier et son unique bombe lacrymogène ne pouvaient évidemment faire face. Après avoir gazé en vain, il a sorti son arme et tiré, tuant un des supporters et en blessant un autre, avant de se refugier avec son protégé dans un Mac Donald’s. Là, l’enfer n’est pas fini puisque les agresseurs ont tenté de briser les vitres du « restaurant ». Que se serait-il passé si les vitres avaient cédé avant l’arrivée des CRS ?
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